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PROJETS DE TERRITOIRE

La Compagnie Arnica mène des projets d'action culturelle au long cours dans lequel elle intègre des habitant-e-s et participant-e-s à chaque phase de la création : écriture du texte, construction des marionnettes et mise en jeu.


Ce type de projet s'invente avec les partenaires du terrain, les envies et les objectifs de chacun, et les propositions artistiques de la compagnie. Ce projet s’articule autour de la présence d'artistes de la compagnie sur les territoires, avec des temps d'ateliers, des temps de diffusion, des temps de création, et des temps plus informels permettant de créer de véritables moments de rencontres entre artistes et participant-e-s.
 

Cela permet de créer des passerelles sur les territoires et de les décloisonner : les artistes interviennent dans et hors milieu scolaire, auprès des associations, des médiathèques, des théâtres… Pour les artistes, ces projets sont également plus proches de leur rythme créatif, en posant l'acte artistique dans des allers-retours entre transmission, création et présentations de spectacle.

 

Dans ce cadre-là, la compagnie ne se positionne pas uniquement dans le rôle de celui qui transmet, mais dans celui qui créé avec les autres. Chaque fois, c'est la rencontre entre une écriture et un groupe de personnes, et c'est avec cela que nous cherchons : ce qui fait théâtre, ce qui fait récit commun, ce qui entre en résonance avec l'histoire actuelle et avec le réel.

PROJET 2018-2020 : LAPIN CACHALOT / CREATION DE 3 FABLES DANS LES CLASSES

Lapin Cachalot s'inscrit dans la recherche menée par la compagnie Arnica depuis plusieurs années qui est de confronter l'écriture contemporaine au théâtre de marionnettes et d'objets, afin d'inventer de nouveaux langages pour dire le monde d'aujourd'hui. Lapin Cachalot est un processus d'écriture qui part du travail mené avec les participant-e-s aux ateliers, pour aller vers la création et la transmission. 

Mettre en scène des animaux, c’est déjà déplacer le regard : remettre le Sapiens au milieu des autres animaux, regarder comment ils vivent, leur « donner parole » pour tenter de les écouter, et peut être ainsi se regarder dans les yeux des autres êtres vivants.

 

Finalement c’est un geste rupestre ! Le même qu’ont fait les premiers hominidés voilà 14 000 ans sur les parois de grottes Ardéchoises ?  Dessiner des animaux, les mettre en mouvement pour leur donner de la vie, de la voix, les représenter tel qu’on les a observés, est une façon de faire parler le VIVANT à travers eux.

 

Aujourd’hui, les images dans l’encyclopédie animale sont de plus en plus découpées et laissent des places vides. La sixième extinction est en cours, brutale, définitive… nous laissant hagards, incapables de comprendre, de se représenter un monde sans éléphant, sans papillon de nuit, sans oiseau. On imagine déjà ce que serait la représentation de ce qui aura disparu, ne laissant dans l’imaginaire des enfants que les traces d’animaux merveilleux, rangeant dans le même passé girafe et dinosaure.

 

En attendant, il est encore temps d’observer les animaux. Les découvertes en éthologie nous démontrent que tout ce qui faisait le propre de l’homme tombe comme un château de carte : sensibilité, émotion, technique, humour, créativité,…et que finalement les animaux ne nous ont jamais semblé si proches de nous.

 

Avec la marionnette, nous ne cessons d’interroger, de faire parler le vivant à travers l’inerte. Qu’elles soient de forme sapiens ou animale, les marionnettes sont des outils de représentation, des objets à qui l’on donne parole. Elles permettent de mettre en scène d’autres effets de présence, de laisser voir les relations entre acteurs et marionnettes, de faire exister de façon tangible, dans le théâtre même le fait de « donner la parole à », « porter la parole de », « être le messager de »

 

Depuis quelques mois, dans nos ateliers, nous construisons des buffles, des vautours, des moutons… et toutes sortes d’animaux pour raconter des histoires, revisitant la tradition de la fable avec des enfants, suivant nos intuitions et cherchant la forme, le mouvement qui serait la meilleure transposition du mouvement de l’animal.

 

Ce chantier me passionne, je sens qu’il nous ouvre des espaces d’écritures et de rencontres, les pierres se posent une par une, à la fois avec les auteurs-rices, les acteurs-rices et le public pour inventer ensemble ce que seraient les nouveaux récits de la transition écologique qui nous attend.

 

Emilie Flacher

Entre 2018 et 2020, la compagnie Arnica souhaite crée trois fables marionnettiques écrites par des auteurs-rices à partir des rencontres et ateliers mené-e-s avec les habitant-e-s d’un territoire. Ces fables sont ensuite amenées à être jouées dans les classes, les bibliothèques, les centres sociaux…

Comment la mise en scène d’animaux peut-elle nous raconter des histoires d’aujourd’hui ?  

C’est en empruntant les histoires aux fables anciennes, celles qui ont traversé les siècles et les frontières, que la compagnie Arnica entre de plain-pied dans un bestiaire étrange, où les corbeaux combattent les hiboux, les tortues apprennent à voler, les boucs jouent de ruses pour échapper au tigre, les animaux s'inventent en assemblée.

Les bêtes prennent la parole pour nous parler de pouvoir et d'amitié, de justice et de politique. 

FABLE 1 : L'AGNEAU A MENTI - CRÉATION SUR LE TERRITOIRE DE BOURG-EN-BRESSE EN 2018

Le projet Lapin Cachalot / Fable 1 a pour objectif de conforter l’implantation de la Compagnie sur son quartier (Gare, Vennes, Terre des Fleurs) en permettant la venue de participant-e-s au projet dans le Lieu de Fabrique ainsi que des croisements entre participant-e-s de différents quartiers.

 

Tout au long de la première partie de ce projet, des enfants et des adultes ont été partie prenante de la création ; ils-elles ont découvert à la fois l’univers artistique singulier de la compagnie, mais aussi d’une manière plus générale le processus de création de spectacle et les différents métiers qui y participent. La majorité d’entre eux est venue jusqu’au Lieu de Fabrique afin d’assister à des ateliers ou de visiter le Lieu ; nous souhaitons que toute la deuxième partie de ce projet (automne 2018) permette plus de croisements entre les publics et une plus grande connaissance de la compagnie de son quartier d’implantation.

 

Pour cela, nous mettons en place des temps d’ateliers de jeu pendant lesquels leur seront transmis la Fable, des temps de représentations dans les différents quartiers avec lesquels nous travaillons et nous faisons appel à une médiatrice culturelle, Aline Bardet, afin d’accompagner tout le processus de rencontre et de pouvoir s’intégrer au mieux dans les quartiers Terre des Fleurs et du Peloux.

Le dernier temps fort de ce projet aura lieu le 18 décembre : toute la journée, les enfants avec lesquels la compagnie aura travaillé depuis le début du projet feront différents ateliers de jeu, construction, écriture… afin de préparer une restitution pour le soir qui aura lieu à 18h avec tou-te-s les participant-e-s au projet, sous forme d’une veillée qui aura lieu à l’ESPE. Il s’agira d’un temps de rencontre et de croisement entre les personnes participant au projet.

 

CALENDRIER

 

Hiver 2018 : Ateliers de construction avec les élèves de CM2 de l'Ecole des Vennes, les jeunes d'Uniscités, les usagers-ères du Centre Social des Vennes et visite d'Anaïs Vaugelade

Printemps 2018 : Création de la Fable et représentations

Automne 2018 : Ateliers de mise en jeu de la Fable avec les élèves de CM2 des écoles des Lilas et du Peloux, du Centre Social des Vennes et du Centre Social Terre en Couleur

Hiver 2018 : Représentations au Pôle Pyramide et au Centre Social Terre en Couleur et Grand Rassemblement des participant-e-s.

Les Partenaires
 
Ce projet Contrat de ville 2018 est soutenu par la DRAC Auvergne Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes (FIACRE médiation), la Ville de Bourg-en-Bresse, le réseau Canopé ainsi que par le Fonds Partenarial au titre du Contrat de Ville : La Caisse d'Allocations Familiales, le Conseil Départemental de l'Ain, Bourg en Bresse Agglomération et La Ville de Bourg en Bresse.

FABLE 2 - CRÉATION SUR LE TERRITOIRE DE MARSEILLE EN 2019/2020

Un écosystème marin pour donner la parole aux cachalots

Pour le deuxième épisode de cette série de fables, la Compagnie Arnica s’associe au Théâtre Massalia, basé à la friche de Mai à Marseille, et propose à l’autrice Julie Aminthe d’écrire la fable.

Dans un premier temps les participant-e-s s’initient au théâtre de marionnette et à l’écriture par le biais d’ateliers et de temps de travail en commun ; c’est la phase d’écriture au plateau, durant laquelle Julie Aminthe se confronte aux propositions scéniques et textuelles des participant-e-s et écrit la Fable. Après ce temps de travail au plateau, la Compagnie crée la Fable ; tout au long des répétitions et des temps de construction, elle partage le processus de création avec les participant-e-s par le biais de rencontres et d’envois de photos. La Fable est ensuite jouée sur le territoire où elle est née.

Suite aux représentations, les participant-e-s sont invité-e-s à construire leur propre marionnette, animal choisi en fonction des personnages de la Fable et à les mettre en jeu.

 

Au terme du projet, tous-tes les participant-e-s se retrouvent pour des temps de représentations, d’ateliers, de mise en commun de la matière artistique, de réflexion collective autour des questions soulevées par les fables et de lectures de textes. Ces journées donnent lieu à une restitution publique du travail et à un temps festif.

Notes d'intention de l'autrice Julie Aminthe

Pourquoi le projet Lapin Cachalot stimule mon écriture et me donne envie d'en être ?

Parce qu'il me paraît nécessaire de regarder le monde autrement qu'avec nos yeux d'adultes ; des yeux parfois un peu fatigués par le spectacle du monde, des yeux parfois un peu trop sûrs d'eux-mêmes et qui nous empêchent de détecter du neuf, de la surprise, de l'inédit. Travailler avec des enfants est alors une jolie façon de revitaliser notre perception.

Parce que l'espace marionnettique permet d'aborder le réel d'une manière singulière, non pas frontalement mais de biais, offrant une distance bénéfique entre lui et nous, d'autant que le réel a tendance à être narcissique, autoritaire et envahissant*.

Le recours aux marionnettes permet ainsi à l'imaginaire de reconquérir sa juste place.

Parce que je suis très sensible à ce que dit Emilie Flacher sur les animaux. Ils ne sont pas des doubles de nous-mêmes ; ce sont des altérités véritablement autres, lesquelles ont de ce fait un comportement, un discours, une manière d'être au monde différents des nôtres. Quel défi que de les faire exister théâtralement ! Quel défi ! Proposer une fable purement animale, avec ses codes, ses valeurs, son univers. Et, en même temps, quelle bouffée d'oxygène possible !

 

Julie Aminthe

* Oui, il y a bien un contentieux entre moi et le réel, je vous l’accorde.

CALENDRIER

Printemps 2019 : installation à Massalia d'un atelier de construction 

éphémère pour des phases de recherches et de rencontre des futurs partenaires. 

De octobre à décembre 2019 : de l'écriture au plateau

Décembre 2019 - janvier 2020 : création de la fable

Printemps 2020 : poursuite des ateliers avec les scolaires (construction et

mise en jeu)

Mai 2020 : restitutions 

Les Partenaires

FABLE 3 - CRÉATION 2020

En partenariat avec le Théâtre Nouvelle Génération de Lyon et la Communauté de Communes des Monts du Lyonnais, en jumelage avec le territoire de Bourg-en-Bresse.

Un projet en plusieurs temps est en cours de construction, en collaboration avec de nouveaux partenaires. Il sera également l'occasion de poursuivre les échanges avec les acteurs du territoire, scolaires et sociaux. C'est l'autrice Gwendoline Soublin qui écrira la troisième fable et ira à la rencontre des enfants pour des temps d'écriture et d'expérimentation, afin d'explorer les nouveaux rapports possibles entre l'homme et l'animal. 

CALENDRIER

Printemps 2020 : résidence de médiation auprès du public scolaire

Eté 2020 : écriture du texte par Gwendoline Soublin

Automne 2020 : construction des marionnettes et actions culturelles liant tous les territoires partenaires

Novembre 2020 : Création

Les Partenaires

PROJET 2016 / 2017 : TRAVERSEE
Représentation le 11 avril 2017 à la Maison des Arts du Léman à Thonon-les-Bains
Texte original : Sébastien Joanniez

Mise en scène : Emilie Flacher

Jeu : Paul Canel et Clément Arnaud

Création des marionnettes et du décor :

Emmeline Beaussier, Florie Bel

Interprété par : 120 habitant-e-s de Thonon-les-Bains de 10 à 60 ans

 

"un jour j’ai traversé l’Espagne jusqu’à Thonon

et j’ai vu un corbeau rose avec un bec violet qui parlait

il m’a dit bonjour en espagnol j’avais pas compris

puis il y avait une souris verte au parlait

elle m’a dit bonjour en anglais j’avais pas compris non plus

puis il y avait un escargot bleu avec sa coquille en forme de coeur

il m’a dit bonjour en portugais j’avais pas compris non plus

puis il y avait un chat orange qui m’a dit bonjour

cette fois en français j’avais compris

on a fait la route ensemble"

Extrait du texte du spectacle

 

LE PROJET

« Chaque fois, c'est l'écoute de la parole de l'autre,

et de ce qui est poétique dans cette parole, qui est au départ de l'écriture ».

La projection du documentaire La Traversée d'Elisabeth Leuvray a servi de point de départ à un vaste projet de territoire qui ambitionne de rassembler une diversité de publics autour des questions d’immigration/émigration sur la ville de Thonon-Evian.

La compagnie Arnica participe à ce vaste projet en proposant d'explorer différentes traversées : celle que l'on fait entre deux pays, deux histoires, deux mondes... celles de l'histoire franco-algérienne, mais aussi de l'histoire de tous les exils... sans oublier nos petites traversées de tous les jours, quand il faut passer d'une étape à l'autre, d'un âge à un autre, ...

 

En amont du projet, les artistes rencontrent sur le territoire des personnes qui ont un lien ou non avec l'histoire franco-algérienne et qui acceptent de raconter les traversées qui ont marqué leurs vies : traversées entre deux pays, entre deux histoires, entre deux mondes. Puis, les artistes donnent des ateliers d'écriture, de construction, de mise en jeu... Qui servent à fabriquer le spectacle Soyouz-Léman, interprété par les bénéficiaires des ateliers à la Maison des Arts du Léman.

 
Les Partenaires     
Ce projet a été réalisé dans le cadre du Contrat de Ville et porté par la Maison des Arts du Léman.

La Maison des Arts du Léman de Thonon-Evian / 3 classes de collèges de Thonon / Le Lycée Jeanne d'Arc de Thonon / le Centre Social Interquartiers / l’école du Morillon / l’association RETIS / La passerelle.

CIE ARNICA  Théâtre de marionnettes & écritures contemporaines - ESPE 40 rue du Général Delestraint 0100 Bourg-en-Bresse / 04 74 30 91 99

Association Loi 1901 - Licences 2-1097794 // 3-1097795 - SIRET 444 982 623 00043

La Cie Arnica est en convention triennale avec la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de l’Ain et la Ville de Bourg en Bresse. Elle est artiste associée au Théâtre de Bourg-en-Bresse, scène conventionnée d’intérêt national création marionnette et cirque, de 2017 à 2019. La compagnie Arnica est adhérente de Themaa, Assitej, HF Auvergne-Rhône-Alpes, SYNDEAC et d'Auvergne-Rhône-Alpes Spectacle vivant.